Les besoins
quotidiens de silicium chez l’homme sont de 20 à 30 mg par jour, et sont
apportés par différents aliments : fruits, légumes et viandes beaucoup plus
accessoirement. Certaines eaux ont une composition riche en silicium et le vin en
représente lui-même une source non négligeable (20mg /l), qui pourrait rendre
compte d’un facteur de protection pour l’organisme, en particulier dans le
domaine de la pathologie cardio-vasculaire et des effets du vieillissement. Ce
point a été étudié auprès de groupes de populations consommatrices d’alcool, de
façon régulière et non excessive.
L’ensemble du
corps humain contient, en moyenne, 7 grammes de silicium. La concentration en
silicium est supérieure, par exemple, à celle d’autres éléments essentiels,
comme le fer ou le cuivre.
Le silicium
circule dans le sang en partie (5mg /l), mais réside essentiellement dans de
nombreux tissus de l’organisme comme dans le thymus, les parois vasculaires,
les glandes surrénales, le foie, la rate, le pancréas, les os, le revêtement
cutané.
Ces données
amènent à préciser le type de répartition et d’organisation du silicium dans
l’organisme humain.
REPARTITION DU SILICIUM DANS LES TISSUS
Tissu conjonctif
Celui-ci est
fait de cellules largement espacées au sein d’une substance intra-celullaire.
Il en existe
deux types :
-le
tissu conjonctif lâche, fibro-élastique, assurant l’union des différents
constituants d’un organe ; Il est particulièrement riche en silicium (32),
-le
tissu conjonctif dense, comportant des fibres très serrées et orientées, qui
ne joue plus un simple rôle de remplissage, mais assure une fonction de
résistance ou de soutien, comme dans les tendons, les ligaments et les
aponévroses.
Par exemple, les
tendons contiennent 30mg/kg de silicium, dont la concentration peut atteindre
100mg/kg dans les ligaments. Elle est intermédiaire au niveau aponévrotique
(50mg/kg).
Tissu cartilagineux et musculaire
Le taux de
silicium dans les cartilages peut atteindre100mg/kg.
Il est moindre
dans les muscles (10 à 40mg/Kg pour les muscles striés, 37mg/kg au niveau
myocardique).
Revêtement cutané
Le
silicium représente 2,9 % du poids sec de la peau.
Le tableau
suivant donne la répartition en silicium des différents composants de la peau et
des phanères.
Épiderme abdominal
106
Derme à faible pilosité
19
Derme à forte pilosité
25
Derme plantaire
13
Peau entière
23
Ongle
56
Poils
90
Teneur en silicium chez l’homme en mg/Kg de tissu sec selon
Freget
Organes et autres tissus
La concentration
en silicium est particulièrement élevée au sein des viscères et des organes
lymphoïdes.
Cette
répartition très diversifiée de silicium dans l’organisme suggère l’importance
de son rôle structural et la participation de cet élément dans plusieurs
systèmes et mécanismes métaboliques qui feront l’objet d’une étude spécifique.
Auparavant, un
schéma récapitulatif des concentrations tissulaires de silicium peut être
dressé dans le tableau ci-dessous :
Tissus nerveux
26mg/kg
Glandes surrénales
120 mg/kg
Rate
130mg/kg
Thymus
40mg/kg
Poumons
180 à 420 mg/kg
Foie
40mg/kg
Cœur (myocarde)
37mg/kg
Ces chiffres
sont exprimés en mg /kg de tissu sec.
Métabolisme du silicium organique
Le silicium est
absorbé sous la forme d’ions silicates. Ils sont transformés, ainsi que la
silice minérale, par l’acidité gastrique en silice colloïdale insoluble.
Celle-ci entre ensuite en réaction, par les systèmes enzymatiques du suc
pancréatique et des secrétions intestinales. La transformation des ions
silicates permet leur absorption par diffusion libre au travers de la muqueuse
intestinale.
Cependant, il
faut signaler que toutes les formes de silicium ne sont pas absorbées de façon
égale par l’organisme.
Ainsi, si le
silicate de sodium peut être rapidement absorbé, dans une grande proportion, les
silicates de calcium et de magnésium comportent un taux d’absorption beaucoup
plus réduit, en raison de leur faible solubilité. Les silicates naturels de
magnésium et d’aluminium (présents dans le talc, le kaolin ou l’actapulgite) ne
sont pratiquement pas absorbables au niveau du tractus (tube digestif).
Les dérivés
organiques du silicium présentent par contre, un mode d’absorption très
différent de celui des ions silicates. En raison de leur structure chimique
c’est une absorption complète qui a lieu.
Le silicium est,
en effet, alors complexé dans des structures organiques dont la diffusion au
travers des parois digestives est aisée, d’autant plus qu’il y est aidé par un
PH acide. Celui-ci majore la stabilité des molécules contenant le silicium
complexé et augmente aussi sa bio disponibilité.
Circulation
Fixation
Elimination
Variation des taux de silicium
Ce taux diminue
essentiellement avec l’âge et lors de certaines pathologies parmi lesquelles on
peut citer :
-
la sclérodermie
-
les ostéomalacies
-
les troubles de l’ostéogenèse
-
le scrofule
-
le rachitisme
-
le lymphatisme
Les carences en
silicium induisent des conséquences cliniques et para-cliniques diverses. Il
peut s’agir de perturbations métaboliques structurales ou aussi fonctionnelles
dont les particularités seront envisagées dans cet ouvrage.
Un taux
insuffisant de silicium peut provenir d’une carence d’apport du fait de la
qualité des eaux consommées (eaux calcaires, ou de faible teneur en silicium ou
de la particularité de certains régimes alimentaires, en sachant que le silicium
est raréfié dans les tissus internes, abondant au contraire dans les régions
externes des constituants végétaux.
A ce propos, la
dernière partie de ce livre sera consacrée à la présentation des aliments et
apports de silicium, mais aussi aux facteurs pouvant concurrencer son
absorption.
Les besoins en
silicium peuvent également varier de façon physiologique : augmentant lors de la
grossesse et chez l’enfant et l’adolescent en période de croissance.
Certaines
situations pathologiques amènent à une consommation accrue de silicium par
l’organisme, comme au cours :